Arrêtez d’accuser les élèves de tricher avec l’IA. C’est votre évaluation qui est cassée.
Si un chatbot passe votre QCM en trois clics, ce n’est pas un test — c’est un formulaire. Un point de vue à contre-courant.
Depuis deux ans, les salles des profs tournent autour d’une même phrase : "les élèves trichent avec ChatGPT". Ce n’est pas faux. Mais c’est un diagnostic paresseux.
Si un modèle généraliste passe votre évaluation sans contexte, sans support, sans vous connaître — votre évaluation ne mesurait pas l’apprentissage. Elle mesurait la capacité à restituer ce qui est déjà public. Un moteur de recherche aurait triché aussi, en 2005. On ne l’avait juste pas remarqué.
La réponse n’est pas d’interdire l’IA. C’est de faire des quiz que l’IA ne peut pas court-circuiter : des questions contextuelles, rattachées à votre cours précis, à une vidéo que vous avez projetée, à une lecture assignée. Des questions qui exigent un raisonnement sur une situation que le modèle n’a pas dans son corpus.
Ironie : ce sont justement ces quiz-là que l’IA permet de produire rapidement. Elle ne triche pas en générant un quiz contextuel — elle libère le temps du prof pour en faire dix.
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